Sandrine FOUGERE

Sandrine FOUGERE SONACOM Voix Off

Tout ce qui me vient de la musique, je m’en sers tout les jours.

Sandrine Fougère, La tornade blonde !
Elle est polyvalente, c’est le moins qu’on puisse dire… Du chant, des chœurs, des voix, du doublage, du théâtre, des court-métrages… Elle fait de tout et jamais à moitié.
Elle aime les défis, elle veut tout faire bien, en grande professionnelle, et elle y arrive.
Une étoile de la voix, toujours souriante, partante, boostante !
Merci Sandrine.

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INTERVIEW

Tu te souviens de tes débuts chez Sonacom?

Biiiiip (rire).
C’était vers 1990. Dans vos premiers studios de la rue Ruhmkorff.

Parle-nous un peu de ton parcours. Raconte-nous ce qui t’a amené à devenir comédienne voix off.

À l’âge de 4 ans et demi j’avais une grand-mère qui avait fait les Beaux Arts. Et elle disait à mes parents qu’ils avaient une fille faite pour la musique, le spectacle. J’aimais jouer la comédie, m’inventer des histoires.
Et elle avait raison ! J’ai commencé par le chant. Vers 17 ou 18 ans, j’avais un petit groupe , on répétait dans des caves.
Plus tard, j’ai chanté dans des groupes de jazz, de bossa…
Et puis je me suis retrouvée choriste de Magma qui deviendra Offering plus tard.
J’avais 21 ans. Donc autour de 86 (rire).
On jouait au « Baiser salé », au « Sunset », et un jour un copain de Jean-Marc, le bassiste du groupe, vient nous entendre jouer et me propose de faire des essais de chant sur de la publicité. Cet ami, c’était Gilles Camus, qui était chez Publicis à l’époque. Après, j’ai connu Roland Romanelli, Gérard Capucci et Yvon Ouazana. C’était vraiment les trois grands compositeurs de l’époque. Ils composaient les musiques de toutes les grosses publicités. De Findus à Éram.

Des succès énormes !

Et pourtant, figure-toi que quand tu es dans un groupe comme Offering ou quand tu fais du jazz, bref quand tu es « puriste » et que tu te mets à faire de la publicité, on dit que tu fais de la prostitution. Parce que pour eux, il n’y a rien d’artistique là dedans !
J’étais donc très mal vue au départ. Le premier à m’avoir fait confiance, c’est Gérard Capucci. Il m’a dit: « écoute, je te fais faire ta première pub ». Je crois que c’était « Cassegrain ». Il y avait aussi Éram,…et quand je lui ai demandé de me donner d’autres noms de compositeurs, j’ai eu Roland Romanelli et Yvon Ouazana, qui m’ont aussi fait confiance, petit à petit. Ils m’ont intégrée à leur équipe de filles, qui étaient choristes depuis des années.
Et un jour, on me contacte pour un jingle . La comédienne voix off de la séance n’est jamais arrivée.
Marc Miller, m’a pris à part et m’a demandé: « est-ce que tu te crois capable de faire cette voix off ? ». J’ai dit: « oui, bien-sûr ». Pour moi ça semblait facile. Je l’ai faite ! Le client a aimé ma voix et pendant pas mal de temps j’ai été la voix off de cette pub.
Ensuite, je me suis dit qu’il valait mieux prendre des cours de théâtre pour être plus « crédible » en comédie.
Du coup, via une association, je joue (depuis plus de quinze ans) dans des pièces de Molière. J’ai pas mal joué pour des oeuvres humanitaires parce que tu obtiens des salles gratuites. Ce qui m’a permis de toucher à tout. Du vaudeville, du Tardieu,…

Ton rêve d’enfant…

Voilà!
Et forcément, quand tu as cette formation de jeu et de scène, (puisque c’est une technique particulière) au moins tu joues juste, tu as des armes face à un micro. Donc je me suis mise à démarcher en parlant de cette expérience théâtrale et de la musique. On m’a fait confiance, et au bout d’un moment, tu deviens comédienne voix off. Aujourd’hui j’ai la chance de faire des voix pour du jeu vidéo, de la pub tv, radio, de l’institutionnel, du doublage qui est un exercice particulier.

Alors, je sais maintenant que tous les doubleurs ont eu à leurs débuts un parrain qui les accompagnait.
Pour toi, c’était qui?

Perrette Pradier ! J’ai fait mon entrée dans le doublage en faisant ce qu’on appelle du « sitting ». C’est à dire que j’assistais à des séances chez Dubbing. Nous avons eu un bon contact et elle a accepté de me faire faire des ambiances pendant trois ans, plus ou moins régulièrement. Et un jour, je lui ai demandé s’il était possible de me mettre sur un casting.
Elle avait un tel caractère que si c’était non, c ‘était non. Et ce jour là, je suis tombée sur un « oui ».
Et elle m’a répondu: « pas de problème, je te mets sur un casting ». Il s’agissait de « Alerte à Hawaï ». Donc, il y a de ça une bonne dizaine d’années je pense. Et j’ai été retenue. C’était mon premier personnage récurrent, tu viens donc toutes les semaines. Deux, trois fois par semaine, et ça dure un an, un an et demi.
C’est très formateur et plus Perrette avait un tel charisme et une telle expérience !

Tu aimes les challenges en voix off ?

Alors, moi, le challenge, c’est justement que ce ne soit jamais facile. Sinon, je m’ennuie.
Donc, quand une séance s’annonce compliquée aux yeux d’un client, je me dis: « wahou! Yes! Un challenge!!! ».
Non seulement il va falloir être bonne, efficace, avoir un bon contact avec le client, essayer de le comprendre, sans être faux-cul non plus. Il faut y croire pour donner le meilleur de toi et être contente en partant.

Puisque tu aimes les défis, quel est ton secret pour aborder une séance ? As-tu un rituel ?

Déjà, la plupart du temps, tu ne sais pas pourquoi tu travailles. On t’informe vaguement, mais ce n’est pas évident. Même si tu connais la marque, ça ne veut pas forcément dire jouer la comédie, ou poser une voix off, tu ne sais pas quelle intonation tu vas avoir…
C’est très rare qu’on te donne un brief avant une séance.
Moi, justement, pour être la plus naturelle possible, je ne me prépare pas. Dans la comédie, bien-sûr. Pour de la musique, c’est le contraire. J’aurai tendance à faire des vocalises, dans la tonalité du morceau, un minimum de préparation.
En ce qui concerne la comédie, j’aime bien ne pas savoir. Parce que j’aime être naturelle.

Donc, tu ne te prépares pas, mais tu viens avec un bagage technique…

Oui pour la voix off pub. En revanche, si c’est pour un tournage, bien évidemment, il faut que tu aies ton texte avant, que tu aies le brief du personnage, et là, tu vas te préparer. Au moment où tu tournes, le plus important, c’est celui qui te dirige.
La direction artistique c’est primordial.
D’ailleurs, souvent au terme d’une séance voix off, je dis merci ! Parce que quand tu ne sais pas où tu vas, et que tu as un bon directeur, à la fin de ta séance, tu te dis: « wahou! c’était facile! ». Il suffit d’être bien dirigé.
Que ce soit au théâtre, sur un plateau, ou avec un chef d’orchestre, en studio, c’est lui qui t’aide à sortir et donner ce que tu as en toi, et qui te met dans la bonne direction. C’est ce que j’apprécie beaucoup chez vous d’ailleurs !

As-tu une petite anecdote croustillante, un souvenir d’une séance en particulier ?

(grand sourire) J’ai eu une fois, une séance avec Anne Ferrier. Elle s’en souvient encore et à chaque qu’on se voit, on se le remémorera…
Nous étions, donc toutes les deux en séance de voix off et je venais de déjeuner. C’était une pub pour une marque de sandwiches assez connue. Et malheureusement, j’ai été très, très malade. J’ai eu ce qu’on appelle une « gastro foudroyante ». Anne était en face de moi et je devais faire « hmm! Jambon ou saumon? Je préfèrerais un peu de mayonnaise ». Et là je suis partie en courant. Anne est allée à la première pharmacie la plus proche. Elle n’y a rien trouvé. La prod a fait venir un médecin, qui m’a fait une piqure dans les fesses, dans un studio, pour récupérer le plus vite possible et terminer la séance.
Sur le moment, c’était un moment horrible, mais aujourd’hui, on en rit volontiers.

En chant, ton meilleur souvenir ?

Je me suis retrouvée , il y a quelques années, à Bercy derrière Mariah Carey avec un choeur Gospel. C’est un super souvenir.

Des projets futurs, des envies ou tu te considères comme comblée?

Comblée ? Non ce serait l’horreur ! Parce que ça veux dire blasée. Non, ce n’est pas mon tempérament d’être blasée. Et moi, mon véritable projet, c’est de me consacrer à fond au doublage.
J’y suis très active depuis un an. J’ai rencontré beaucoup de chefs de plateaux. Ils me font faire énormément d’ambiances et je crois en ma bonne étoile.
Il y a aussi le théâtre, le cinéma.

Question, piège. Si je te dis SONACOM. Qu’est-ce que ça t’évoque en quelques mots.

Je dis, confiance, mes débuts, le bleu, la famille bien sûr, esprit d’équipe, bonne ambiance, travail, efficacité.
En tout cas, je m’y sens toujours bien. Parce qu’en plus, il y a une fidélité au niveau de l’équipe.
Depuis mes débuts vers 1990, j’ai l’impression de vous avoir toujours connus.
Et ça, c’est ce qui te met en confiance. Et on ne m’a jamais oubliée. J’ai toujours travaillé, ici.
J’ai toujours gardé vos petits mots personnalisés de fin d’année. Je ne peux pas m’en séparer.

C’est aussi parce que nous associons les comédiens et comédiennes à notre devenir que nous formons une vraie famille !
Merci Sandrine.

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