Patrick POIVEY

Patrick POIVEY SONACOM Voix Off

Avec ma voix, je pique assez bien le jeu de l’acteur à l’écran

Si il fait partie de ces comédiens qu’on ne présente plus, Patrick Poivey est toujours aussi étonnant de simplicité. Chacun de nos rendez-vous ressemble plus à des retrouvailles entre amis qu’à une séance de travail. Pourtant, quand le rouge antenne s’allume, le professionnel prend le relais. Sa réputation le précède, même au-delà de nos frontières. Son timbre très reconnaissable et populaire, fait de lui un comédien voix off « bankable » dans le monde du doublage, mais aussi dans la pub. Mieux vaut faire attention à vos textes, parce que le Monsieur a du caractère !

Plus qu’une voix off, il est devenu notre ami au fil des années. Patriiiiiiick, on t’aime !

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INTERVIEW

Bonjour, Patrick, on te connaît tous pour avoir doublé durant des années des acteurs comme Tom Cruise, Don Johnson, Emilio Estevez… La liste est longue, mais tu es surtout connu pour être la voix de John McLane alias Bruce Willis.
Raconte nous un peu ton parcours et comment tu en es arrivé à incarner ces acteurs ?

Comme tous les comédiens, je suis allé dans un cour d’art dramatique, puis au conservatoire, et après j’ai eu la chance de rencontrer les gens qu’il fallait au moment où il fallait. J’ai commencé à jouer au théâtre et tous les soirs pendant de nombreuses années. J’ai eu la chance d’être avec des gens géniaux et des auteurs superbes, tel  Jean Anouilh, René de Obaldia , sur des créations qui ont fait des cartons puisqu’on les jouait durant trois ou quatre ans.
Le doublage, c’est tout à fait accidentel.
La journée, je pouvais m’ennuyer un peu et un jour j’ai posé des questions à une « superstar », Monsieur Paul Meurisse. Je lui dis : « Ecoutez, voilà, qu’est-ce que je peux faire dans ma journée ? »; et il me fait : « Attendez Patrick, des gazelles il y en a partout ! (d’un air entendu) ». Je lui réponds : « Ben, oui mais une gazelle le matin et une gazelle l’après-midi ça devient vite une habitude et ça risque d’être chiant ». Là-dessus il me dit : « Vu comme ça, vous avez peut-être raison.» Quelques jours plus tard, la cigarette au bec, il me demande « Connaissez-vous Patrick, la post-synchronisation ? » « Ah, non ! Qu’est-ce que c’est ? », il me répond «On va vous appeler de ma part ».
Richard Heins, un très grand directeur artistique anglo-saxon, me contacte, et je me retrouve donc, à assister à des séances durant trois jours avec des monstres devant le micro : Georges Aminel, Dominique Paturel, Roger Carel, Gérard Hernandez.  Pour moi c’était de la magie, et je n’y comprenais rien.

Tu étais le petit jeune !

Effectivement, c’était autour des années 75, je ne connaissais pas la technique, et au bout du quatrième jour,  Richard Heins  me dit « Écoutez Patrick, il y a un jeune lieutenant à l’écran, qui a six répliques, vous allez les faire, comme ça vous verrez ce que ça donne ». La peur d’être nul m’envahissait. C’est alors que  Dominique Paturel , qui m’avait vu jouer au théâtre, me dit « Écoute, t’es pas plus con que les autres. Tu vas t’en sortir ». Alors je me place devant le micro, je regarde la séquence 3 ou 4 fois et c’est parti. Dominique Paturel, le plus gentiment du monde, me tape sur l’épaule, synchrone quand c’est à moi de parler, sinon je me serais vautré en beauté. On écoute, je ne reconnaissais même pas ma voix ! Et puis Richard Heins dit « C’est très bien ! On va garder ça et puis si ça vous amuse, revenez ». J’y suis donc retourné car il m’a rappelé et m’a un donné le rôle principal d’un grand film.

Tu te souviens du titre de ce film ?

(Il réfléchit un instant) Les Jours et Les nuits de China Blue, dans la lignée des Kubrick. C’était énorme pour l’époque. Là, je peux te dire que je n’ai pas dormi durant les trois jours qui ont précédé les enregistrements.

C’était la grande époque du doublage et vous aviez la chance d’être parrainé. Pense-tu que ça existe toujours aujourd’hui ?

Complètement. Parce qu’il y a énormément de gens qui veulent faire du doublage.  La voix aujourd’hui a pris une place considérable,  pour tout, et malheureusement aujourd’hui il y a moins de temps. Le rythme s’est terriblement accéléré. Avant on prenait le temps d’essayer. On pouvait consacrer une matinée entière à essayer.
Des grands noms te prenaient sous le bras et parlaient de toi aux réalisateurs en disant: « Tu vois le petit jeune, il est très bien, tu devrais l’essayer ». À partir de là, on t’appelait sur des petits rôles, ou sur des ambiances aussi, où on apprenait le métier parce que c’était technique : Arriver à repérer son personnage très vite, comprendre la situation, et être synchrone sur des instants brefs; c’est comme ça que tu absorbais la technique. L’expérience faisait le reste…

C’est vrai que dans les années 60, on ne se ventait pas d’être doubleur ?

(Sourire) Pas que dans les 60. Tous les grands de la Comédie Française et du théâtre parisien faisaient du doublage mais ils n’en parlaient pas, parce que c’était péjoratif. Aujourd’hui, la tendance s’est heureusement inversée. Aujourd’hui, c’est une performance. On dispose de moins temps, il faut aller de plus en plus vite, la technologie ayant évoluée, il faut être vraiment au point. Mais tout commence par le théâtre.  On fait du doublage parce qu’on est comédien , et on est comédien parce qu’on est issu du théâtre. Le cinéma, ça vient après. Car les réalisateurs viennent, théoriquement, chercher les acteurs et actrices au théâtre, et encore aujourd’hui d’ailleurs et heureusement. Aujourd’hui tu ne peux pas vivre dans le monde du spectacle, si tu n’as pas une palette étendue. Il faut savoir tout faire !

Comment devient-on du jour au lendemain, la voix de Tom Cruise, Don Johnson ou de Bruce Willis ?

Il y a de la chance obligatoirement. Quand  Bruce Willis  a joué dans « Clair de lune », personne ne savait qu’il allait devenir une star internationale. C’est lui qui a fait le boulot. Moi j’ai rien fait. Alors comme ma voix collait à peu près, on m’a rappelé. Avec ma voix, je piquais assez bien le jeu de l’acteur à l’écran. C’est comme ça que je me retrouve à doubler Cruise et de nombreux films. Mais on m’appelait aussi parce qu’il y avait de grosses contingences techniques et des difficultés de jeu : Par exemple lorsqu’on tombe sur une expression anglaise intraduisible, ils essayent de trouver une équivalence. On te balance trois fois la réplique avec entre guillemets « Patrick – démerde-toi ». Alors comme tu t’es mis dans la peau de ton personnage et dans l’ambiance du film, tu sais que c’est telle expression qui va passer. Et ça fait tilt !

La plupart du temps, je vois le film avant et puis quinze jours après on démarre le doublage. Le directeur artistique fait son métier et me dirige, parce que je ne suis qu’un comédien. Je suis également dirigé par l’ingénieur du son et éventuellement par le chef monteur son qui nous sauve souvent la vie. Je leur dis merci d’ailleurs au passage parce qu’ils font un sacré boulot dans l’ombre et on n’en parle pas souvent.

Merci pour nous ! On entend aussi très souvent tes talents de voix off sur des spots TV, radio, on a fait de la téléphonie ensemble aussi, des messages de répondeur, tu t’y attendais ?

Non, je ne m’attendais pas à ça non plus. Un jour une grosse agence m’a contacté pour faire un message publicitaire. Je ne savais pas ce que c’était que la pub, et puis, C’est parti de là. C’était le patron de Publicis qui m’avait vu au théâtre. Parce qu’il faut savoir qu’il y a énormément de producteurs publicitaires qui vont au théâtre et ils ont l’oreille pour dénicher les talents en voix off.

Tu dois rire en voyant toutes ces femmes à tes séances, qui fantasment sur les personnages que tu doubles et qui voient arriver un quinquagénaire aux cheveux grisonnant (rire).

Je trouve ça très drôle. Non, mais elles sont contentes d’être là et il y en a même qui me demande de faire leur message de répondeur parfois (rires).

Une petite anecdote croustillante ?

Oui, j’en ai une. C’était pour une très grande marque de parfum.
Il y avait un film de 30 secondes, sublime avec des femmes magnifiques. Et à la fin du film, Mickey Rourke disait: « I love you ! », et je devais donc dire « Je vous aime ! ». Et dans le studio, il y avait dix personnes pour la voix off. L’agence, la réalisation, le créatif, et le grand patron de cette marque de parfum, ainsi qu’une demoiselle qui s’appelait Ginette. Je prononce donc le fameux « je vous aime ». Le patron adore. Il refuse même d’enregistrer une prise supplémentaire. Je salue tout leu monde, et le patron de Publicis s’adresse à Ginette en lui disant « Ginette, vous n’avez rien dit, vous n’avez pas donné votre avis ». Ginette répond qu’elle n’a pas senti le point sur le « i » de « je vous aime ». Alors, je la regarde, je lui dis, attendez je vais vous le faire: « Je vous a-ï-me » (avec l’accent belge). « Voilà vous avez votre point sur le « i » ». Ginette me dit « Non, je parlais sérieusement. Je me remets donc au micro, l’ingénieur du son avait chargé une boucle de 30 secondes, et personne ne voyait ma bouche, et j’ai mimé une bonne cinquantaine de fois « je vous aime » sans sortir un son. Et au bout d’un moment Ginette fait en souriant: « C’est celui-là ! ». Elle venait donc d’écouter cinquante fois la même prise (rires).

Et ta pire séance de voix ?

La pire séance, c’est quand l’adaptation est à côté du film. Parce que tu es obligé de tout corriger. Et à ce moment là c’est la fin du monde, parce que tu n’as plus de confort technique, tu n’as plus de confort artistique, ton synchronisme est approximatif. Tu vis l’enfer.
Ça arrive quand la personne qui a fait l’adaptation débute, ou lorsqu’elle veut en faire de trop.
Dans les situations critiques, l’ingénieur du son est très important. D’ailleurs je suis toujours en binôme avec « l’ingé son » en doublage ou en voix off. C’est la base et le directeur artistique est là pour faire sortir ce qu’il ressent, parce qu’il connaît le film, il a lu et relu le scénario et le script. Il y a parfois des recommandations du distributeur américain ou anglais, et c’est le directeur artistique qui va te guider par rapport au contexte et à la psychologie des personnages, comme un acteur. Mais c’est « l’ingé-son » qui va te permettre d’être à l’aise, pour que tu n’aies plus qu’à te concentrer sur ton travail.

On regrette de ne pas te voir plus souvent à l’écran. On y apprécie tes qualités de comédien, cette fois-ci à l’image, comme derrière un micro ou au théâtre.

Et bien écoute, j’en fais . Il y a une règle qui veut que tu rendes au métier ce qu’il t’a donné. Donc je tourne dans des moyens métrages, des courts métrages, pour que de jeunes réalisateurs puissent parvenir à faire des longs métrages. Alors, on m’appelle parfois sur un long métrage, mais je fais surtout des courts et des moyens, en jouant des personnages très différents et ça, ça m’amuse beaucoup. Et si ça plait, alors on renouvelle l’expérience.

Ça ne t’a jamais tenté de passer derrière la caméra ?

Non. Je sais comment ça fonctionne, j’aurais pu le faire, mais c’est autre chose et le mélange des genres, ce n’est pas mon truc. Il faut être modeste un peu quand-même, hein? (sourire).

Et on sait que tu l’es en tout cas. On imagine mal que tu puisses avoir la pression. Est ce que ça t’arrive ?

La pression on l’a toujours un peu, elle diminue lorsque tu vois dans le regard des personnes avec lesquelles tu travailles qu’elles te font confiance. Et c’est très drôle, parce que, que ce soit dans la publicité, à la radio ou dans le doublage, au théâtre, au cinéma, ou encore à la télé, en voix off c’est ce même regard qui te dit: « On y arrivera ». Et d’un seul coup, tu vas faire pour le mieux, et dans l’intérêt des gens qui te dirigent et non dans ton intérêt personnel.
Tu dois mettre ton égo de côté, car plus tu es efficace et modeste, plus on te fait confiance.
C’est une question de respect. Chaque poste a son importance et tous nos métiers forment une chaîne. Si un maillon déconne, la chaîne se casse la gueule.
Et si il y en a qui se prennent au sérieux, qu’ils se méfient : Il y a toujours un retour de bâton.
Il faut faire du mieux qu’on peut et faire confiance aux gens avec lesquels tu travailles, car tu dépends d’eux.
Encore une fois, il va s’agir du directeur artistique qui va porter le projet à bout de bras, et de l’ingénieur du son qui va faire que ta voix va sonner parfaitement et t’aider dans ton travail en te conseillant parfois, parce qu’il a l’oreille. À ceux-là, on ne leur dit jamais assez merci.
Et quand « l’ingé-son » te dit: « Patrick, je crois que tu te trompes »; tu sais très bien que tu te trompes.
Sinon, il ne se permettrait pas de te le dire. Donc encore une marque de respect, pour que tu sois bien.

Avant de finir, j’aimerais que tu nous parles un peu de ta collaboration avec SONACOM en tant que voix off.

SONACOM, c’est une belle histoire ! (on aime son grand sourire) Ça fait déjà un bout de temps que ça dure. Je devais déjà être là aux débuts.
C’est Dominique qui est venu me chercher pour faire plein de projets, qui ont abouti. Il fait partie de la chance que j’ai eu. Oui, SONACOM fait partie de ma chance.
Vous m’avez permis d’être connu d’autres agences, ça m’a ouvert de nouvelles portes, ça m’a aider à me faire une réputation, à me corriger, à avoir plus de rigueur. Tu apprends tous les jours. Même quand tu crois savoir.
T’apprends déjà à être moins con (rires).
Et ça m’a apporté plus fraternité aussi.

Des projets ?

J’ai bien un projet là ! C’est d’aller faire le beau dans un pays où il fait très chaud. De ne plus bouger pendant 3 semaines et de regarder l’océan.

Des vacances, quoi ?

C’est encore mieux, une cure.

Patrick ! Merci à toi. Ce fût un plaisir.

Et moi de travailler avec vous, les gars !

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